Quelle heure est-il au paradis ?

Je sais plus trop comment faire... J'en ai marre, me poster devant des feuilles blanches et toujours écrire la même chose... Je sais plus trop, puis j'ai toutes ces lettres à poster que j'oublie, Léa, elle est pas seule sur terre, elle est pas commode, non, elle est pas commode... Tiens, j'avais un bac blanc de français aujourd'hui. Je sais déjà que je l'ai foiré, comme l'autre fois j'ai fini à dix heures au lieu de douze, c'est un peu déprimant quand même, quand y'a rien qui change... Texte à suspension, ça faisait longtemps, elle est pas stable, oh, elle est pas stable, j'suis tellement maladroite, à part ça j'avoue que je comprend toujours pas à quoi ça sert... Tout, d'ailleurs, j'ai peur de la nouveauté, ça fait plusieurs mois que je fais quasiment que relire, j'ai peur de découvrir, ça fait trop mal à la longue je crois, et merde. J'aurais cru être un peu plus forte... Non, ça aussi c'est complêtement faux, j'ai toujours su que j'étais beaucoup trop faible, il n'y avait qu'elle d'invincible et elle s'est éteinte beaucoup trop tôt, ça crève les yeux bon dieu, tu l'aimes encore, beaucoup trop tôt, et je ne sais plus quoi aimer, quoi désirer, juste qu'elle soit un peu moins loin parfois, je sais pas... Ce matin y'avait Sympathique dans le bus, c'était cool, puis vachement motivant pour aller bosser. Et puis qu'est-ce que j'en sais, de l'avenir, si je serais astronaute où éboueuse, si je serais clocharde, si... Je pense que je serais clocharde. J'm'imagine bien, complètement destroy, à cracher mes poumons dans la rue les soirs de glace... Mais qu'est-ce que tu racontes bordel ? Moi j'aurais aimé devenir Jean Saul Partre, si l'autre con avait pas eu l'idée avant moi, mais qu'est-ce que tu racooonteuh ??? Ou alors Jacques Higelin, mais ça aussi j'crois que c'est déjà pris... Nan, vraiment, clocharde c'est la seule solution. Ok, ok, j'arrête, j'ai juste une envie folle de partir à la divague sur les verglas du soleil, faites moi penser à racheter de la crême pour les lèvres le plus vite possible, là je souffre le martyre. Qu'on est mal assis là... Ce soir ça sent l'A bout de souffle à plein nez, tiens c'est franchement pas une mauvaise idée, au point où j'en suis... Il se passe un truc (vachement original, genre ce truc-là vient seulement de commencer et ne traîne pas du tout, mais alors pas du tout depuis des années...), bref, il se passe un truc, c'est que j'arrive pas à rattrapper. Par exemple là je ballote encore sur la fatigue du festival que j'ai pas pris la peine d'effacer. Donnes-moi de quoi tenir, tenir, je ne veux pas dormir, dormir, laisses-moi voir venir le jour, ce que j'aimerais, là, tout de suite, c'est aterrir dans un Chat noir chat blanc, ou alors en Transylvania, m'exploser quelques bières sur la gueule, histoire de rire un coup, et voir les sorcières... Je pense que si j'avais un piano... Merde, et pourquoi je finirai mes phrases, tout le monde s'en fout. Kusturica + Hermine = gros coeur bien rose... Non, tout compte fait je reste sur mon idée de départ, j'ai envie de buter Belmondo, un peu, quelle grosse marrade n'est-ce pas... Rah, mais pourquoi je suis de trop, comme ça, mais disparaît, pauvre fille ! J'ai une envie folle de bouffer une étoile filante. Ou une fleur de glycine, tiens... Ouais mais non, ça ça doit se faire au soleil, j'avais qu'à avoir envie plus tôt. Ou jouer de la scie musicale dans la neige... Ah, tiens, c'est ça que j'ai oublié, faire le truc en français là, le sujet à la con qu'on est censés avoir rendu y'a une semaine, "Vous écrivez à votre meilleur(e) amie pour lui dire quel texte étudié cette année vous avez préféré, et pourquoi", non mais vraiment, plus con tu meurs, déjà j'ai pas de meilleur(e) amie et ensuite je pense que si j'en avais un(e) j'aurais autre chose à foutre que de lui écrire, surtout pour lui parler de ça. Ah, faites-moi aussi penser à acheter du henné un de ces quatre, ça urge vraiment j'ai les cheveux qui commencent à redevenir normaux et j'avais oublié qu'ils étaient aussi marrons-moches. J'aimerai bien être un fantôme, un vrai, pas en toc... Ou alors être Maggie Cheung, ça me dérangerait pas plus que ça... Que d'ambitions, que d'ambitions ! I'm not Roméo, I'm not Roméo, maybe you are Juliette but I'm not Roméo, ah, bon, c'est l'heure d'aller bouffer.

# Posté le mercredi 02 avril 2008 14:39

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Bon, ok, je suis pas vraiment morte. Un peu quand même, en tout cas j'ai pas grand chose à dire pour changer. Puis j'ai trop honte d'être une sale conne alors du coup je me défoule là-dessus *

# Posté le vendredi 18 avril 2008 06:03

Modifié le vendredi 18 avril 2008 08:01

T'aurais pu écrire,
des poèmes et des fleurs,
et des cadavres au centre,
et des vers pointant à la sortie des fusils,
t'aurais pu écrire des roseraie illuminée sous la lune,
et deux amants moribonds,
t'aurais pu écrire tout sauf la vie.


Mais tremble un peu
s'il te plait.

T'aurais pu, serrer les poings si besoin, t'aurais pu t'endormir au soleil.

Écrire des chansons qui gonflent les tripes et réchauffent le coeur, des chansons à en solidariser les coeurs, t'aurais pu tout faire, tout sauf rester là les bras ballants à te demander c'est quand que ça commence, t'aurais pu tout faire sauf laisser tomber sur tes pieds les montagnes de cristal langoureux dont t'avais tant rêvé, mais pourquoi,
pourquoi tu fais ça ?


Mais tremble, tremble donc !


Et l'oubli, le bon, le vrai, pour toujours, et se souler jusqu'à ce que ça disparaisse, jusqu'à ce que tu disparaisses, et se souler avant que ça recommence et encore, encore, perdre un peu, moi j'en ai plein les doigts et ça colle et c'est comme vous savez ces vieilles toiles poussiéreuses et dégoutantes qui collent aux mains et, j'en ai plein le cerveau et ça colle et ça part pas et c'est vieux comme un cafard écrasé sous un pot de fleur et ça part pas et ça part pas, mais moi j'en ai plein le corps de ces relents vétustes qui me naviguent l'esprit entre vide nauséeux et trop plein larmoyant, et j'en ai plein le visage de cette dureté qui se forge à la longue des jours et des jours où rien n'arrive jamais, jamais, ce sourire qui fait mal à en hurler tant il est pas vrai, parce-que faut pas croire, ça rend toujours plus rêche la solitude, ça rend dure et impitoyable, ça vous fait haïr tout ce qui a besoin de vous, tout ce qui est chaud, tout ce qui est doux, tout ce qui vous aime, ça vous fait aimer l'impossible et le lointain, la solitude, ça vous fait rêver d'inatteignable, et si par malheur ça devient atteignable alors vous vous mettez à haïr ça aussi, parce-que la solitude ça n'accepte pas le partage, la solitude c'est un vieux bout de liberté hypocrite qui grignote tout ce qu'elle peut trouver de beau pour le transformer en vieux carton humide, ça se gerbe cent fois pour revenir mille fois, ça vous lâche plus, jamais, ça fait des trous partout la solitude et moi ça me bouffe, si vous saviez, comme elle me bouffe cette salope, comme elle me fait un mal de chien et pas que les jours de pluies comme les rhumatismes, non, la solitude ça mache, mache, remache encore les souvenirs jusqu'à les rendre fangeux et ineffaçables, ça écoute toujours la même vieille mélodie et le pire c'est que certains jours on la trouve si jolie, ça rend méchant, la solitude, ça rend teigneux et insuportable, ça rend laid que ça en peut plus et lunatique, et ça te laisse tout seul dans ton coin plein de merde ou ça fait longtemps que t'arrives plus à respirer, et ça te permet tout juste de suffoquer histoire que tu en crève pas trop vite non plus, parce-que la solitude c'est possessif et jaloux et sadique et incontrôlable, et ça fait tellement mal, et ça vous enroule les reins autour du vide, et la nuit ça vous garde les yeux ouverts, et la nuit ça crie si fort que vous en demandez encore, encore...



"Sa vie elle ressemble à ces soldats sans armes qu'on avait habillés pour un autre destin à quoi peut leur servir de se lever matin eux qu'on retrouve au soir désarmés incertains..."

# Posté le lundi 21 avril 2008 10:00

Modifié le lundi 21 avril 2008 10:12